Association Nationale des Infirmiers de Sapeurs-Pompiers

Infirmier au sein des sapeurs-pompiers

Des infirmiers et des cadres de santé parmi les sapeurs-pompiers

Disposer de soignants parmi les sapeurs-pompiers s’est révélé une évidence au fil du temps. En effet, plus de 80% de l’activité opérationnelle des sapeurs-pompiers concerne désormais le secours d’urgence aux Personnes (SUAP) et le secours aux accidentés de la route (SR).

Cette évolution croissante des missions s’est accompagnée d’une transformation du type d’interventions pour les sapeurs-pompiers :

  • Du traumatique (accidents routiers d’après-guerre) vers le médical (pathologies cardio-vasculaires…)
  • De l’aigue (situation brutale accidentelle) vers le chronique (hospitalisation à domicile de plus en plus lourde, décompensation de pathologies…)
  • Du secours vers l’assistance (par une mutation des attentes vis-à-vis des sapeurs-pompiers, vieillissement de la population, développement des victimes en surpoids…)
  • Du cœur métier (incendie-secours) vers la carence d’autres services (manque d’intervenants médicosociaux, indisponibilité de transporteurs sanitaires privées…)
  • De la médicalisation réflexe (faite historiquement par les médecins pompiers de campagne) vers une para médicalisation réflexe (par manque de ressource médicale SP et SMUR)
  • De l’actualité subie (attentats, pandémies type SRAS, H1N1, coronavirus…)
ISP VLI AUTOROUTE INTERVENTION

Ces changements de techniques, de postures et d’environnements imposent un accompagnement et un renfort par des professionnels de santé au quotidien que sont les infirmiers de sapeurs-pompiers.

Dans un autre registre, le développement de la santé qualité de vie en service, l’hygiène et la sécurité  des sapeurs-pompiers professionnels, volontaires et des personnels administratifs et techniques des SDIS a tout naturellement suscité le développement des « infirmiers du travail » dans les SSSM.

Pour dynamiser, encadrer, structurer et évaluer les pratiques infirmières au sein des SSSM, des cadres de santé sont nécessaires.

Des pratiques avancées et des compétences infirmières valorisées

Les situations opérationnelles auxquelles sont confrontés les infirmiers de sapeurs-pompiers au quotidien leur imposent des compétences particulières (carence médicale, environnement changeant, conditions météorologiques dégradées, environnement instable ou milieu périlleux,  situations multiples victimes…).

L’absence de renfort médical immédiat nécessite une autonomisation professionnelle rendue possible grâce aux Protocole infirmiers de Soins d’Urgence (PISU). Le sens clinique des infirmiers prend toute sa valeur pour initier un PISU ou pour mettre en place des prescriptions médicales anticipées avec le SAMU à la suite d’un échange avec le médecin régulateur. Ce dernier s’appuie également sur les infirmiers pour évaluer le réel degré d’urgence et ainsi éviter des transports inutiles aux urgences ou encore pour rationaliser l’engagement des médecins urgentistes.

Les outils de télémédecine permettent également de renforcer le rôle que peuvent tenir à distance les ISP. La télétransmission de données comme un ECG, accompagné des signes cliniques relevés, permet une aide au diagnostic précieuse, source de gain de temps pour intégrer les victimes dans les filières adaptées et préparer leur accueil hospitalier.

En plus d’une utilisation renforcée du raisonnement clinique infirmier, les ISP mettent en œuvre des pratiques techniques avancées dans la gestion des voies aériennes (dispositif supra-glottique) ou encore l’abord vasculaire (dispositif intra-osseux).

Un choix assumé d’exercer autrement au sein des sapeurs-pompiers (képi rouge/képi noir)

Un infirmier diplômé d’Etat (IDE) peut exercer soit en qualité de sapeur-pompier de la filière incendie soit en qualité d’infirmier de sapeurs-pompiers membre du SSSM.

Le cumul des deux fonctions n’est ni réglementaire ni souhaitable. En effet, le volume des formations initiales et continues, de disponibilités opérationnelles ou pour exercer l’ensemble des missions (santé en service, gestion du matériel médico-secouriste…) rendent impossible le maintien des compétences avancées nécessaires à l’exercice en tant qu’ISP.

De plus, les inconforts déontologiques ou hiérarchiques d’être IDE face à une victime grave alors qu’ils sont affectés à une autre mission (alimentation en eau d ‘un engin d’incendie, reconnaissance d’un appartenant à l’aide d’une échelle à coulisse…) finissent de convaincre les infirmiers de sapeurs-pompiers d’assumer ce choix à l’engagement ou en cours de carrière.

Infirmier de sapeurs-pompiers

La particularité des PISU

L’article R4311-14 du Code de la Santé publique permet à un infirmier de mettre en œuvre des prescriptions médicales permanentes et anticipées par le médecin responsable dans l’attente de l’intervention d ‘un médecin. Cette disposition réglementaire constitue le socle juridique de la pratique infirmière en situation d ‘urgence opérationnelle. Les SDIS ont donc mis en place des Protocoles Infirmiers de Soins d’Urgence (PISU) signés par le médecin-chef du Service de Santé et de Secours Médical (SSSM). En France,  ils sont mis en œuvre plus de 150 000 fois par an en moyenne.

Infirmier de sapeurs-pompiers

SPV : un statut particulier

La quasi-totalité des ISP sont des sapeurs-pompiers volontaires (SPV); c’est-à-dire qu’ils exercent leur art en plus d’un emploi hospitalier ou libéral pour la plupart. Sur leur temps de loisirs ou libéré sur leur temps de travail (situations très rares), ces infirmiers réalisent les missions de service public des SSSM des SDIS. Cette activité de collaborateur temporaire des services publics n’est pas assimilée à un travail. Elle donne droit au versement d’indemnités qui ne sont ni soumises à l‘impôt ni à prélèvements sociaux (Aucune cotisation pour la sécurité sociale ou pour la retraite).

Les ISP doivent donc veiller en permanence à ce que leur activité de SPV soient compatibles avec leur exercice professionnel (repos de sécurité, non retard à la prise de fonction , priorité à l’employeur en cas de rappel de personnel…) ce qui complique parfois le management des cadres de santé des SSSM des SDIS.