Portrait de l'ISPV Sarah ALFRED

PORTRAIT DE SARAH ALFRED
ISPV SDIS 69



A.N.I.S.P.  Bonjour Sarah, l’ANISP a entamé il y a quelques temps une série de portraits d’ISP de France, accepterais-tu de répondre à quelques questions ?

Sarah A : Oui, bien sûr

A.N.I.S.P. :  Quel est ton parcours Professionnel ?

Sarah A : J’ai passé mon bac littéraire option audiovisuel en juin 2004. Je me destinais initialement à une carrière dans le monde de l’audiovisuel. Je me suis donc inscrite en première année d’Anglais et art du spectacle à la Fac Lyon 2, mais c’était trop théorique pour moi !

Je me suis orientée vers le métier  régisseur de plateau technique suite à des missions de figuration et en tant que stagiaire sur des petits tournages. J’ai été acceptée à l’école de l’ARFIS sur Lyon. Sauf que… J’ai effectué un dernier tournage pour M6 «  le jour où la France s’est arrêté ». C’était un film de fiction filmé à la manière d’un reportage. Le thème…une catastrophe : un car se renverse dans la neige, un plan rouge est déclenché et les secours sont bloqués par neige ! J’ai donc côtoyé, pour les besoins du tournage, le Samu de Lyon et les SP de l’Isère. Le scénariste a voulu pimenté le PMA et j’ai joué un rôle de figuration improvisé. J’étais une victime en ACR au PMA… qui décède. Et là, ça a été le déclic ! « C’est vachement bien ce qu’ils font les SP et le SAMU ! »

J’ai gardé des contacts, notamment avec un IDE du SAMU et 2 mois après j’ai passé mon concours à l’IFSI de Bourg en Bresse. J’ai été jusqu’à l’Oral mais ça été un échec. Mes motivations ne « tenaient pas la route ».

J’ai donc recherché un travail en relation avec le métier d’infirmier. J’ai postulé en tant que brancardier à l’Hôpital Edouard-Herriot à Lyon. Mais en fait, je me suis retrouvée faisant fonction d’aide soignante sans connaitre ce métier.

J’ai de nouveau passé un concours d’entré à l’IFSI-Rockefeller de Lyon. Et j’ai intégré la promotion 2006-2009.

J’ai effectué deux stages en SDIS, le premier en deuxième année d’étude en soins infirmier au SSSM 38 et le second en fin de troisième année au SSSM 69.

Mon sujet de TFE portait sur « l’efficience de l’ISP dans le secours à personne ».

Après mon DE j’ai travaillé 10 mois sur le POOL des Urgences de L’hôpital Lyon Sud, principalement sur les Réas puis j’ai fais 3 ans en réanimation Sud (réa médicale). En parallèle de ma dernière année en réa, j’ai passé un DU de prise en charge des risques collectifs et sanitaires

Puis en septembre 2013 j’ai choisi de muter aux Urgences pédiatriques de l’HFME.

A.N.I.S.P.: A 27 ans tu es Sapeur Pompier volontaire depuis 9 ans déjà, Quel est ton parcours pompier ?

Sarah A : Je me suis engagé SPV en 2005 à la caserne de Chimilin en Isère où j’étais sapeur 1ere classe. J’ai fais 5 ans là bas. Ça a été une révélation pour moi. Une vraie passion !

A.N.I.S.P. : Pourquoi l’Isère ?

Sarah A : Mes parents habitaient là-bas à l’époque.

A.N.I.S.P. : Comment es-tu arrivé chez les Sapeusr-Pompiers ?

Sarah A : J’avais toujours quelques contacts suite au tournage pour M6 et un jour les Sapeurs-Pompiers sont intervenus chez moi pour « un nid de guêpes ».Après quelques renseignements et contacts mon beau-père (médecin) et moi-même avons souscris un contrat volontaire et avons été affectés au même CIS, lui en tant que Médecin Capitaine et moi en tant que sapeur.

Ca été 5 ans formidables. J’ai eu l’occasion de partir en intervention avec mon beau-père…

A.N.I.S.P. : Ton engagement « citoyen » ne s’arrête pas là ?

Sarah A : Non, pendant mes études d’infirmière, j’habitais la semaine à Lyon et le week-end en Isère. Du coup, je suis entré à la Croix Rouge France à Lyon en tant que bénévole.

Les sapeurs-pompiers m’ont formée aux secours à personne au quotidien et la croix rouge à être « équipier en situation d’exception » (E.S.E).

J’ai également suivi une initiation au soutien psychologique ( I.S.P)…c’est un signe non ?

Le jour de l’explosion «  La Fayette »2 j’ai été sur les lieux pour aider au relogement des personnes et proposer une écoute au C.A.I. (Centre d’accueil des impliqués).

Je regrette encore aujourd’hui la mauvaise image que les bénévoles croix rouge ont auprès des sapeurs-pompiers. Surtout qu’elle relève de la méconnaissance de leurs missions.

J’ai mis fin à ce bénévolat en dernière année d’école d’infirmier, j’avais du mal à tout concilier et j’avais déjà effectué mon stage au sein du S.S.S.M.69. Je savais que je m’orienterais plus vers le milieu sapeur-pompier.

A.N.I.S.P. : Pourquoi avoir choisi d’être ISP après avoir été Sapeur-Pompier ?

Sarah A : Lorsque j’ai eu mon diplôme, je me suis bien sur posé la question…  Je me sentais plus à même d’apporter quelque chose aux victimes et aux collègues en tant qu’ISP qu’en restant SP. Je crois dans le système de secours Français et le maillage des sapeurs pompiers en est un point fort.

A.N.I.S.P : Que représente cet engagement pour toi ?

 

Sarah A : Pour moi l’ISP fait parti de l’avenir de l’AMU … et je l’espère de mon avenir professionnel 

Ca représente une passion et un engagement auquel je crois. Je suis convaincue de la place qu’ont les ISP au cœur du secours. C’est une efficience ! C’est être là où on a besoin de nous.

 A.N.I.S.P. Que t’apporte-t-il ?

Sarah A : Il m’apporte une satisfaction personnelle énorme. Le domaine de l’urgence et particulièrement celui du pré hospitalier me correspondent entièrement. Dans la spontanéité des départs, jamais une intervention ne sera la même ! On est tout le temps en mouvement, en recherche de perfectionnement !

Cela met en valeur nos compétences théoriques car oui on en a !!!!

L’arrivée sur les lieux d’intervention est très intéressante en ça. C’est un peu comme être au cœur d’une enquête policière. On arrive sur une situation, les chefs d’Agrès nous donnent des éléments de bilan, nous en voyons d’autre. Et il faut partir à la recherche d’autres indices utiles à notre prise en charge et au régulateur. C’est passionnant.

A.N.I.S.P. : Quels sont tes loisirs ? 

Sarah A : Ben…. J’ai trois poules et deux chats ! ;-) Non, je continue de m’intéresser de près au cinéma, et j’aime pratiquer durant mes congés l’escalade et la via ferrata. J’avais d’ailleurs fais un an d’escalade à la Fac.

 A.N.I.S.P. : L’escalade et la Via Ferrata ?

Sarah A : Oui, mon beau père est un médecin militaire, il s’y connaît en corde. Il m’a initié à ces pratiques sportives à mon arrivée en Isère. Je suis Bretonne d’origine, j’ai habité Acigné, un petit village à l’est de Rennes jusqu’à mes 15 ans.

A.N.I.S.P. : Considères-tu la vidéo uniquement  comme un loisir ?

Sarah A : Non c’est du sérieux. Cela prend de plus en plus de place, Quand je fais de la vidéo, je veux que le rendu soit au maximum de ce que je peux faire.

A.N.I.S.P. : D’où te viens cette passion pour l’image, la vidéo ?

Sarah A : Plus jeune, je me souviens regarder avec autant d’attention les bonus de réalisation des films que les films ! J’aimais créer des petits spectacles en manageant une équipe, créer des effets, des maquillages spéciaux,...

 

La vidéo est de nos jours un média incontournable permettant toucher un large public. Créer une vidéo de A à Z est intéressant. Ca commence par composer une image, rechercher le bon angle, l’instant à saisir. Puis le montage qui est une étape magique et puissante. C’est là que le film se dessine et surtout prend tout son sens. On peut faire passer énormément de non dit et d’impression juste en changeant un peu la teinte de l’image, en insérant telle ou telle musique, en coupant le plan après tel ou tel mot…

A.N.I.S.P. : Ton film promotionnel «  des infirmiers en Rangers »3est à plus de 10800 vues » (au 13/01/2014), que t’inspire cette information ?

Sarah A : Ca m’inspire de la fierté bien sûr et beaucoup d’étonnement. Je ne pensais pas qu’il plaise et qu’il fasse autant de bruit ! C’est le plus gros projet que j’ai eu à réaliser. Avant je venais filmer sur des grosses manœuvres en Isère ou maintenant dans le Rhône mais ça restait dans un cercle SP fermé. Là, il a fallu aller au contact des victimes ou de leur famille dans certaines situations. Et moi qui suis d’un tempérament très timide, je ne savais vraiment pas comment j’allais faire ! « Bonjour, je viens filmer votre maman en acr » …

Ce n’était pas toujours simple de rester derrière la caméra aussi. Il fallait à la fois trouver le bon angle et ne pas gêner Par moments, j’aurai aimé aider les collègues.

Faire du reportage était une première pour moi Mener seule des interviews aussi. J’ai réinvesti dans du matériel d’éclairage et un fond noir…J’ai gardé contact avec mon professeur de cinématographie, il m’a prêté du matériel (micro cravate entre autre) et donné des conseils techniques pour réaliser les entretiens.

A.N.I.S.P. : Peut-on espérer voir d’autres reportages réalisés par tes soins ? Les manœuvres dont tu par les par exemple ?

Sarah A : Oui, je pense. J’ai monté des films à visée pédagogique pour le SDIS 69. Le film sur l’utilisation des tablettes numériques en situation d’exception est issu d’un exercice N.O.V.I. (Parmi toutes ses compétences, Sarah est également formateur PAE 3). J’ai également filmé une manœuvre zonale SD ayant pour thème un tremblement de terre sur trois sites distincts. C’était super !

Mes nouvelles fonctions aux urgences pédiatriques m’ont données envie de documenter visuellement certains symptômes comme « l’entonnoir », « le balancement thoraco-abdominal ». Le chef de service a eu une oreille très attentive à ce projet.

Côté ISP, Richard qui a déjà réalisé le film sur PEC de la brûlure a le projet de filmer la prise en charge d’un enfant où le recueil d’information est très spécifique. Pourquoi pas faire de même pour la prise en charge d’une détresse neurologique…..

A.N.I.S.P. : Ton avenir, tu le vois comment ?

Sarah A : En pré hospitalier, de préférence en tant qu’I.S.P. Il y a beaucoup de choses à construire, c’est intéressant. Il y a des défis à relever, je connais les équipes et ça me plait.

A.N.I.S.P. : Tu es toujours prête à soutenir un évènement de l’ANISP, disponible, enjouée, comment as-tu connu cette association ? Que t’apporte–t-elle ?

Sarah A : En deuxième année d’école d’infirmier, je me suis documentée sur le métier d’I.S.P. J’ai fait des recherches internet et je suis tombée sur le site www.infirmiersapeurpompier.com. Il y avait l’annonce d’un congrès, les J.N.I.S.P 2008 à Clermont Ferrand. Je suis donc allée aux J.N.I.S.P. Dans l’amphithéâtre le président d’alors Stéphane Roch a lu mon badge et a apostrophé les deux personnes assises devant moi «  Bah regardez, il y a deux étudiantes en soins infirmiers de chez vous ». C’étaient Philippe Seccondi et Nicolas Couessurel.

Ce congrès était un rêve pour moi, élève infirmière. Il alliait la théorie des conférences, à la pratique avec les ateliers entre autre la pose de VVP…

En plus de tout cela, les J.I.N.S.P., c’est aussi le moyen de se constituer un réseau, j’ai gardé contact avec des membres du S.S.S.M 69 et j’ai signé un engagement d’I.S.P.V. un an après l’obtention de mon D.E.

Aujourd’hui l’A.N.I.S.P m’offre un rendez-vous annuel (alternant depuis 2012 les J.I.N.S.P. et les J.T.TP.) Elle me permet de garder contact avec le milieu Sapeur-Pompier dans lequel je souhaite évoluer. Mon réseau s’est agrandi, je connais beaucoup de têtes par forcement tous les noms.

Pour ce qui est de soutenir les évènements, je ne me porte pas volontaire spontanément mais j’aime bien prêter main forte. L’ambiance est toujours bonne, pas prise de tête et tout ce fait avec le sourire. L’ANISP conjugue le professionnalisme et l’esprit bon enfant

A.N.I.S.P. : Pour le sourire on peut te retourner le compliment

Sarah A : Oui c’est vrai, mais on peut bien travailler et travailler bien avec le sourire.

A.N.I.S.P. une Citation pour terminer ?

Sarah A : « Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réalité »3

C’est l’occasion pour moi de te remercier pour ta participation au salon IDE tant par ta production cinématographie que par ta présence. 

 



Entretien réalisé par Anne Cécile LOUVET, Membre du conseil d'administration de l'ANISP, 2014

 





1. Explosion Cour La Fayette 28/02/2008: Explosion accidentelle due à une fuite de gaz qui a ravagé un immeuble cours Lafayette (Lyon 3e/6e) faisant 1 mort (un pompier âgé de 35 ans de la caserne Corneille) 36 victimes dont 14 pompiers, 5 policiers. 

: Les infirmiers en rangers :  http://youtu.be/XpH0unfbkJE 

3 Antoine Saint Expury