ISP D'où viens tu? Partie 8

ISP D'où viens tu? De Versailles dans l'ombre au conseil des ministres de la république.
Partie 8:


LA DERNIERE REUNION FEDERALE POUR JP Deschin

Début mai 2006, le GTISP de la commission des SSSM de la FNSPF, adresse au Président de la FNSPF, le Colonel Gérard VIGNON, ses axes de réflexions et propositions quant à la problématique du devenir de la place des sapeurs-pompiers dans le secours à personnes pour les années à venir. JP en profite pour annoncer son départ prochain de la scène, celui-ci devant faire valoir ses droits à la retraite, ceci dans une perspective positive la relève étant assurée.    
 
LA RELEVE EST ASSUREE

Le jeudi 22 février 2007, le groupe technique  I S P, est au travail, il était composé de :
Agnès PETIT , Vincent DUBROUS , Michael BALOCHE , Sandra ROSSI , Patrice CASTEL , Stephane ROCH , Bruno GIBERT , Dominique MORINCOME , Alain MELAT , Cédric HAVARD , Michel TAILLDE , Vincent MONMARTEAU

LA REUNION DU 22/02/2007

Le 1er septembre 2010, Bruno GIBERT, un pionnier, mis  fin à ses fonctions d’animateur du groupe technique infirmier, de la FNSPF.
C’est  Philippe SEGONDI administrateur de l’U D S P 69, qui lui succédera. La relève est assurée, elle est de qualité.

LA SAGA INSIGNES DE GRADE

L’épisode des insignes de grade restera emblématique de la ténacité du tabou, et des peurs de certains sur les signes extérieurs de « commandement »  accordés aux I S P … .

Cela avait d’ailleurs commencé au colloque de NANTES. Il était  certain à l’époque que notre détermination à aller jusqu’au bout, pour la reconnaissance institutionnelle, de la profession ne faiblirait pas avec le temps. Mais que le port d’insigne de grade n’était pas notre préoccupation première.

Pour preuve, nous avions préparé un insigne qui permettait simplement  mais avec pertinence d’identifier l’infirmier , l’infirmier de groupement, l’infirmier principal. Cet insigne représentant  un casque de sapeur-pompier, le caducée infirmier  sur un fond amarante ,  avait été dessiné par le Lt colonel Guy DOBIOUL du SDIS 62,(décédé).
 

P79 : PROTOTYPE DE L’INSIGNE ISP –INFIRMIER PRINCIPAL – REALISE PAR LE Lt COLONEL GUY DEBIOUL.

Aussi à notre étonnement certains médecins volontaires  inquiets de nous voir un jour porter des  « galons » de capitaine, nous proposèrent des modèles d’insignes de grades, qui ne pouvaient porter à confusion avec les leurs… .. L’un d’entre eux, rencontrant l’infirmier Bourgois, alors Caporal SPV, lors d’une discussion sur la reconnaissance infirmière allant même jusqu’à déclarer que cela lui plairait d’être Caporal d’honneur ! Lui  n’exerce plus chez les SP !
 
Signé BRUNO !!!!

Plus tard, la DDSC nous sortit un arrêté, avec des insignes de grades du type fil de laine argenté, visible avec loupe (la loupe n’était pas fournie). L’intervention, concertée entre JP DESCHIN qui exprima sa désapprobation au Colonel DESELLIERE, lors de l’assemblée des Présidents de SDIS, et de  Claude GONZALEZ qui trouva la bonne clef, à la DDSC, pour barrer  l’arrêté, et  enfin Vincent DUBROUS qui « guida » le rédacteur du nouvel arrêté provoqua cette procédure d’urgence  qui nous conduisit à trancher pour des  gallons  existants, ceux des MITHA.
 
P79 : LA SAGA DES INSIGNES DE GRADES

Le sujet étant immensément plus important et  sensible qu’il n’y paraissait, la saga des insignes de grades et attributs des infirmiers commence. Elle ne se stabilisera qu’en mai 2008, après une période de vide juridique suivie de 3 textes officiels successifs et conjoncturellement contradictoire mélangeant les grades et entrainant la confusion (volontaire) entre l’appellation proposée pour les ISPV et les ISPP. Personne n’y comprenait rien !

LES INSIGNES DE GRADES ET LES APPELLATIONS OU ENTRE SAGA ET CONFUSIONS TOUT AZIMUT :

En voici la radiographie pertinente de Vincent DUBROUS :

« Épisode emblématique de la ténacité du tabou des peurs de certains sur  les signes extérieurs de commandement. Ainsi se sont succédé un vide juridique et plusieurs arrêtés ou annexes d’arrêtés d’habillement. La peur de la visibilité ostentatoire à la fois du rang d’officier mais aussi des attributs du sachant, nécessita de sortir des textes officiels successifs les uns après les autres abrogés au fur et à mesure de la diminution de l’inquiétude. Chacun était un compromis de circonstances, politiquement correct, en fonction du moment, sauf un qui contre toute attente présenta les dispositions qui avaient été écartées des discutions paritaires avec l’administration centrale.

Il fut très vite abrogé, mais a accentué le brouillage empêchant la lisibilité du sujet et conduisant à de multiples confusions pas toujours involontaires…
Ainsi, pendant toutes ces années, plusieurs système de galons se sont succédés ou ont cohabité avec des différences notoires d’un département à l’autre et quelquefois au sein du même établissement public : galons de la filière incendie commandement de sapeurs-pompiers, gradé, sous-officiers ou officiers pour les «  doubles casquettes » ; puis lors de la période de vide juridique 3 modèles d’insignes de fonctions  (centre de secours, groupement, et direction),avec caducée et feuilles de chênes inspirés de l’insigne officiel de la profession ,puis par l’arrêté « d’habillement »du 6mai 2003 insignes de grade avec un ou deux galons « cul de dé bleu ciel » inspirés des galons des militaires techniciens des hôpitaux des armées en vigueur à l’époque ; puis la surprise des 3 insignes de grades avec fil(s) de laine argentée .Enfin 3 insignes de grade sur le modèle sous-lieutenant ou lieutenant en 2 versions de galons argent ou or pour les grades respectifs d’infirmier principal et d’infirmier chef, rejoint par l’insigne de grade d’infirmier d’encadrement sur le modèle de celui de capitaine ».

L’histoire n’est pas terminée car les dispositions actuelles seront à réajuster lorsque surviendront les indispensables évolutions statutaires par parité avec la fonction publique hospitalière.
En effet, elle-même ayant modifié les déroulements de carrière, les infirmiers diplômés d’Etat sortant en 2012 valideront le grade de licence professionnelle et étant d’emblée classé en début de carrière, en catégorie A de la fonction publique hospitalière pour ceux qui s’y dirigeront.

L’EPOQUE CONTEMPORAINE : 2006-2008

L’INFIRMIER DE L’AVANT !!!!   LE RETOUR !
 
« Soigner est son métier », il est donc utile dans notre VSAB. C’est  le constat pragmatique fait par le sapeur-pompier des années 70, qui confronté à la dure réalité des interventions avait défini la place de son collègue infirmier : A L’AVANT.

Ce « képi noir » un volontaire le plus souvent avait pris conscience que le secours à personnes serait le « cœur »du métier de sapeur-pompier, et que son collègue infirmier serait un des passeurs incontournables.

Il faudra attendre 2008 pour voir le secours à personnes promulgué comme sujet prioritaire, digne d’enjeux et d’avenir. Le SNSPP  en 2006 déjà, dans sa revue professionnelle « PLEINS FEUX », lance un cri d’alarme « Le secours à personnes est notre métier ». La reconnaissance de plus de 4000 infirmiers de sapeurs-pompiers a contribué à la création d’un « nouveau » dispositif : le concept de réponse adaptée (ou graduée) faisant appel à des compétences complémentaires de niveau professionnel croissant, échelonnée chronologiquement et selon la gravité  -  secouriste, infirmier, médecin -  y est donc inclus une para médicalisation à la Française, appelée par certains médecins-chefs de SDIS, médicalisation sur protocoles infirmiers de soins d’urgences.

Notons qu’un premier article sur la réponse graduée datant de juin 2003 en avait décrit le concept par DESCHIN, DUBROUS &  LELAURIN, dans la revue « Pleins Feux ».

LE CHANTIER DE LA CATEGORIE  A

P80 : Manifestation à Paris pour la catégorie A. En porte banderole JC Sczymanski, Jacques Bourgois et Gérard Cousin, Sandrine Lefebvre

Il s’ouvre à partir de 2004 et se conclura par le décret portant statut particulier du cadre d’emploi des infirmiers d’encadrement de sapeurs-pompiers professionnels le 23 décembre 2006.Les principales missions de ces « cadres infirmiers » y sont décrits.
L’arbitrage interministériel fut nécessaire et dans ce dossier également,  formation fut un élément bloquant car objet de multiples enjeux.

En effet, il fallut trouver un terrain d’entente entre le ministre chargé de la santé et celui de l’intérieur pour donner le feu vert à un dispositif de formation original :obtention d’un double diplôme ,le brevet d’infirmier d’encadrement de sapeurs-pompiers professionnels ,obtenu après un cycle de scolarité à l’ENSOSP, et le diplôme universel de cadre de santé concluant les études de formation des cadres de santé, parmi les douze établissements conventionnés partenaires. Vincent Dubrous fut le facilitateur de cette entente, sa maîtrise du sujet fut le garant de la réussite.

Dans ce dossier aussi, la FNSPF a également joué un rôle d’appuis inconditionnel par son Président  Richard VIGNON.

Tout d’abord, la traditionnelle visite aux personnalités politiques est engagée par la FNSPF et le SNSPP,
Le comité exécutif du SNSPP  accompagné par l’animateur du collège infirmier J P DESCHIN, est reçu à MATIGNON, tous les arguments pour les inciter à émettre un avis favorable au moment de l’arbitrage pour l’accession à la catégorie A, des  infirmiers  de sapeurs-pompiers professionnels, sont avancés. Dans cette dynamique, JP DESCHIN rencontre le Ministre de la Fonction Publique Territoriale Jean Paul Delevoye  et avance les arguments en la matière.
 
P81 : Rencontre  avec Monsieur  Jean Paul DELEVOYE, Ministre de la fonction publique territoriale : l’objet étant la présentation d’une argumentation relative à la catégorie A pour les ISP.

Les réunions se succèdent à la DDSC, les infirmiers sont maintenant représentés, dans de multiples organisations représentatives, Avenir Secours, les autonomes, la CGT.

La FNSPF désigne Bruno GIBERT pour défendre lors de toutes les réunions à la DSC, le dossier de la catégorie A en son nom.

Au total à la table des réunions de travail, et ensuite en final lors des négociations, à  la DSC, on retrouva en permanence B GIBERT (FNSPF) et JP DESCHIN (SNSPP).
Des rencontres informelles, au  « petit  bistro » au coin de la DDSC, entre JP DESCHIN, et les représentants de la CGT de FO de la CFDT, des Autonomes, permirent d’établir un consensus au sujet de la nécessité pour les infirmiers d’accéder à la parité avec leurs collègues de la FPH ; l’objectif étant d’obtenir un vote favorable au prochain conseil supérieur de la fonction publique. Jean-Pierre DESCHIN, siègera en qualité de conseiller technique, pour le SNSPP/FNACT/CFTC, au dit conseil.

En parallèle de ces négociations, les Infirmiers sur le terrain contactaient leurs élus ou écrivaient aux autorités : courrier adressé à Monsieur le Ministre de l’Intérieur D.de Villepin,


Jacques BOURGOIS                                                                   Marquise le 07 Avril 04
Hardenthun
62250 MARQUISE

                                                                          à       Monsieur Dominique de VILLEPIN  
                                                                           Ministre de l’Intérieur et des libertés locales
                                                                                              Place Beauvau
                                                                                                     PARIS


Objet : Statut cadre A Infirmier Sapeur-Pompier


             Monsieur le Ministre,

            J’ai l’honneur de porter à votre connaissance mon problème statutaire actuel qui je l’espère retiendra toute votre attention.

            En effet, Infirmier-Anesthésiste D.E. en catégorie A dans la fonction publique hospitalière, j’ai intégré les services d’incendie et de secours du Pas de Calais d’abord par voie de mise à disposition à compter de 1997 puis par voie de détachement depuis 2001 en qualité d’Infirmier chef de Sapeur-Pompier professionnel et assure depuis 1997 une mission d’encadrement sur un groupement territorial.

             Actuellement, cette situation devient de plus en plus inadaptée et représente une menace pour le poste occupé, en effet, il ressort de l’article 1° du décret n° 2000-1009 du 16 octobre 2000 modifié, portant statut particulier du cadre d’emploi des Infirmiers Sapeurs-Pompiers, la constitution d’un cadre d’emploi d’officiers de Sapeurs-Pompiers Professionnels de catégorie B au sein de l’article 5 de la loi n° 8453 du 26 janvier 1984 modifié portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale.

              En l’état actuel de la réglementation, je ne me vois offrir aucune possibilité de débouché dans un cadre d’emploi de catégorie A, et pire, avec le risque de devoir quitter le poste occupé  que j’ai contribué à construire au prix d’un gros travail et d’investissement personnel. Tous les agents du SDIS peuvent accéder à cette catégorie à condition qu’ils passent les validations qui s’imposent, sauf les infirmiers.

              Alors  que j’occupais un emploi de ce niveau au sein de l’hôpital avant de rejoindre le SDIS , que les personnels Infirmiers  bénéficient d’une perspective de cette nature, tant dans la fonction publique hospitalière (à travers la revalorisation des grilles indiciaires de catégorie B et la création d’un corps de cadre de santé en deux grades), que dans la filière sanitaire et sociale de la fonction publique territoriale et en particuliers pour les Infirmières puéricultrices, cette perspective ne m’est pas possible .

              Cette situation, vous le comprendrez, est désolante quand on sait que pour accéder à la fonction d’Infirmier Sapeur-Pompier de groupement occupée actuellement, je dois répondre à un profil particulier eut égard à la spécificité des missions du service de santé et de secours médical : être titulaire d’un Diplôme d’Etat, être reçu à un concours sur épreuve, obtenir deux diplômes universitaires (santé et urgence), un brevet d’officier à l’ENSOSP  de Nainville les Roches, et enfin une formation d’adaptation à l’emploi pour l’encadrement sans oublier la spécialisation en Anesthésie préparée sur 2 ans avant d’intégrer le SDIS à temps plein.

             De nombreuses  sources d’informations font état d’un refus de reconnaissance de la catégorie A pour les Infirmiers Sapeurs-Pompiers et  ceux ayant une spécialité.
             A l’annonce de ces informations, vous comprendrez mon inquiétude et une certaine incompréhension si cette décision venait à être adoptée ;

              Pour avoir participé depuis de nombreuses années à l’action qui a permis l’émergence et la reconnaissance du statut Infirmier SP et avoir avec d’autres collègues, contribué à faire évoluer la qualité des soins et la prise en charge des victimes et la santé  des sapeurs-pompiers, au prix d’un travail acharné tant au niveau local que national, il ne me semble pas concevable que les instances de l’Etat ne reconnaissent pas la nécessité d’une évolution de carrière pour les personnels en place.

               Je sais votre attachement à la nécessité d’une rigueur budgétaire mais la création de cette catégorie ne serait pas inflationniste en terme de postes car il s’agit, pour beaucoup d’entre nous de postes déjà existants.

                Je sais également votre attachement pour notre catégorie professionnelle pour en avoir discuté de vive voix avec Monsieur le Ministre de la Fonction Publique et de l’Aménagement du Territoire lors d’une rencontre fortuite.
               J’ai été satisfait des engagements pris lors du dernier congrès national de Bourg en Bresse et suis en accord avec les dernières positions sur notre profession, mais vous comprendrez mon inquiétude actuelle devant l’absence de catégorie A pour ma filière professionnelle.
                Je sais que la Direction de la Défense et de la Sécurité Civiles engage actuellement sur ce sujet des consultations auprès des élus des SDIS, c’est la raison pour laquelle en ma qualité d’Infirmier- Chef de Sapeurs-Pompiers Professionnels je serai pleinement satisfait lorsqu’une situation équitable sera proposée et vous serai reconnaissant de transposer la réforme du statut hospitalier aux Infirmiers SP professionnels et par voie de conséquence, la création d’un  corps de catégorie A en deux grades.

                Je vous sais gré de l’attention que vous porterez à ma demande et vous renouvelle toute ma confiance pour les actions à venir ;

                 Recevez, Monsieur le Ministre, mes respectueuses et dévouées salutations, au service de nos populations.

                                                                                          Jacques BOURGOIS



RELEVE D’ETAPE ET EPILOGUE :  MAI 2006

Le temps fut venu de dresser un relevé d’étape relatif à l’ensemble des travaux à caractère statutaire dédies au devenir de la profession dès  I S P.
L’ensemble du processus visant à faire admettre la nécessité d’un encadrement ISPP de catégorie A, est achevé.

Le débat est maintenant situé au plan du cheminement institutionnel d’un texte  décrétale, avec son cheminement parsemé d’embûches, le bleu de Matignon, le CNIS, le CSFPT, le Conseil d’Etat, et enfin le décret.

 Le dossier sur la catégorie A des ISPP devait être présenté le 16 mai 2006 à 10h lors de la formation spécialisée n°3, du Conseil Supérieur de la F P T.
Le Président du SNSPP   Daniel DREMIERE, déléguant son secrétaire général Patrice BENART et JP DESCHIN.

Et enfin, de façon définitive place Beauvau, le 24 mai 2006, ceci en séance plénière.

Les infirmiers étaient représentés pour défendre leur dossier par Patrice BEUNARD, JP DESCHIN pour le SNSPP et Monsieur Jean VANNET au nom de la FNACT-CFTC. et membre permanent.


En voici le résultat :

Ont voté :

- POUR  la catégorie A ISPP :

.CFTC (SNSPP) : Confédération Française des Travailleurs  Chrétien – Syndicat National des sapeurs-pompiers  Professionnels.
.FNA : Fédération Nationale des Autonomes.
.CGT : Confédération Générale du Travail.

- CONTRE  le décret de CATEGORIE A ISPP

CGC: Confédération Générale des CADRES – Avenir Secours.
Les huit représentants des élus territoriaux (maires ; conseillers généraux …).

- Se sont abstenus :

.FO : Force Ouvrière.
.Deux représentants des élus territoriaux

- N’ont pas souhaité participer au vote : CFDT

En conclusion le CSFPT à donner une AVIS FAVORABLE.

Les infirmiers d’encadrements  et les infirmiers qui s’engageront pour la promotion de la profession au sein des SDIS, et pour l’accès au 2e grade de A, devront ne pas oublier que tout passera par le conseil supérieur de la FPT, le tout sera d’y être présent physiquement  et réellement représentatif.

LA SEMENCE EST DEVENUE CHAMPS DE BLE

L’artisan de la négociation de ce dossier technique et politique est  l’un d’entre-vous, c’est  Vincent  DUBROUS.
 
Pour terminer cette première évocation de l’histoire  des ISP sur une note positive, il faut constater avec une certaine satisfaction, que le rapport de la COMMISSION QUADRIPARTITE, a « réservé »  plusieurs pages aux I S P, preuve qu’ils ont bien maintenant, un cadre pour leur identité.

Et cerise sur le gâteau, au CONSEIL DES MINISTRES du 23 juillet  2008, les travaux  de la commission  ont été évoqués par le ministre de l’Intérieur, et au sujet des I S P, on entend.

« Les secours seront aussi plus efficaces car ils mobiliseront de nouveaux acteurs et bénéficieront du concours d’intervenants mieux formés. En reconnaissant le rôle des 4000 infirmiers sapeurs-pompiers, le nouveau dispositif permet de faire appel à des compétences supplémentaires. Par  ailleurs, la formation des intervenants sera améliorée. »

LE DERNIER MESSAGE

Le 16 décembre 2008 avait lieu dans les locaux du SDIS du Pas-de-Calais,  la remise de l’insigne de l’Ordre National du Mérite, à un infirmier de sapeurs-pompiers. Un infirmier qui a participé à la « longue marche » qui déboucha sur la reconnaissance institutionnelle des infirmiers au sein des SDIS. Cette décoration était remise par le Président Richard VIGNON, Président de la Fédération Nationale des Sapeurs-pompiers de France. Ce fut alors la dernière occasion donnée à Jean-Pierre DESCHIN, d’affirmer, dans son discours protocolaire, la place des infirmiers dans la maison sapeurs-pompiers, en voici le texte.

Reconnaissance pour Jean Pierre Deschin : l’Ordre National du Mérite

ONM le 16/12/2008. Prise de parole de Jean-Pierre DESCHIN.

Monsieur le Colonel MOREAU, Directeur du SDIS du Pas-de-Calais, que je remercie également d’avoir bien voulu mettre à notre disposition l’amphithéâtre de l’Ecole.
Monsieur le Colonel Richard VIGNON, président de la FNSP de France, mon parrain pour mon entrée dans l’Ordre national du mérite,
Monsieur le médecin colonel Claude GONZALEZ, Président de la Mutuelle Nationale des sapeurs-pompiers.
Monsieur le capitaine Pierre MAZURE, Président de l’œuvre des pupilles orphelins des sapeurs-pompiers.……………………………
Monsieur le capitaine Marc LAURENT, Président de l’Union départementale des sapeurs-pompiers du Pas-de-Calais, ainsi que messieurs les membres du bureau de l’UD62, qui ont œuvré pour le bon déroulement de cette cérémonie,
Monsieur Paul BEULAGUET, représentant le Général Bernard DICKES, Président départemental de l’ordre de la légion d’honneur.
Madame Renée GRADEL, Présidente de la société d’entraide de la Légion d’honneur de l’arrondissement d’Arras.
Monsieur Tadeusz BARTKOWIAK. Président de l’Association Nationale des Membres de l’Ordre Nationale  de Mérite, du Pas-de-Calais,
Compagnons,
Messieurs les officiers, sous-officiers et sapeurs,
Mes chers amis,


C’est ma première prise de parole au sein de cette maison, depuis mon départ à la retraite  et certainement la dernière, sachez donc, que je mesure cet instant avec l’émotion dont il convient.


« Les secours seront aussi plus efficaces car ils mobiliseront de nouveaux acteurs et bénéficieront du concours d’intervenants mieux formés. En reconnaissant le rôle des 4000 infirmiers sapeurs-pompiers, le nouveau dispositif permet de faire appel à des compétences supplémentaires. »
Ceci est l’extrait de la communication faite au conseil des Ministres, réuni par le Président de la République, le 23 juillet 2008  avec pour ordre du jour –Le dispositif de secours aux personnes-.
En effet, le ministre de l’intérieur, et le ministre de la santé ont installé, en novembre 2007, un comité quadripartite sur le secours aux personnes et l’aide médicale urgente. Ce groupe de travail ayant réuni les administrations de tutelles, les représentants des services d’urgence et, bien entendu, les représentants des sapeurs-pompiers, en l’occurrence la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
L’objectif de ce comité était   de produire des dispositions pour l’amélioration de la réponse aux besoins des victimes et des patients, mais également de clarifier le rôle des services concourants à ces missions,
Vous devinez bien que les discutions sur ce sujet, furent âpres. Surtout quand les sapeurs-pompiers déclarèrent  que la réponse graduée des secours aux personnes faisait partie des alternatives des SDIS de France.  Que le secouriste voir le futur TECHNICIEN du SAP et l’infirmier en étaient les  acteurs de pointe. Qu’ils entendaient bien défendre cette alternative dans ce contexte de baisse de la démographie médicale, mais également d’une demande légitime d’égalité de chances de la part de nos concitoyens en détresses.
Vous pensez bien qu’il fallait s’appeler FNSPF, pour affirmer ce cap et pour induire cet écho en conseil des ministres.
Alors OUI, il aurait fallu pincer très fort, le médecin capitaine Claude GONZALES ; le médecin capitaine Christian LEMBEYE ;le capitaine Denis MUNSCH et votre serviteur, le 4 février 1991, à l’issue de la première réunion qui s’est déroulée à la DSC à LEVALLOIS-PERRET, sur le sujet tellement attendu du SSSM pour un SDIS de l’an 2000.
Surtout qu’ils venaient tous quatre, de comprendre qu’il serait nécessaire de créer d’abord une nouvelle loi SDIS, les décrets qui en découleraient, que la priorité en ce qui concernait le SSSM serait son organisation, l’aptitude, le statut des personnels médicaux, quant aux infirmiers,   les petits nouveaux » elle » (la DSC) en discuterait….
Et pourtant, tout avait commencé à bouger en 1981. Quand, le médecin colonel PRIM, médecin-chef du service d’incendie du VAR, conseiller médical permanent à la DSC, pose la question pertinente « Est-il souhaitable de recruter des personnels infirmiers au sein des centres de secours ? ».
Et qu’à la même période, je faisais parvenir de concert avec le président de l’union départementale des sapeurs-pompiers du PAS DE CALAIS, le capitaine Hubert HERMAN et le lieutenant-colonel Francis QUESQUIERE inspecteur départemental du SDIS du PAS DE CALAIS à l’époque  un mémoire intitulé, « POUR UN SERVICE INFIRMIER CHEZ LES SAPEURS-POMPIERS FRANCAIS, au Président de la FNSPF, le colonel SIBUE.
La semence était lancée, il lui faudrait 11 ans pour germer.
Ses sapeurs-pompiers qui exerçaient la profession «d’infirmier »ont émergé  aux yeux de leurs camarades de casernes, par le fait qu’ils ont été reconnus par ceux-ci, en qualité de soignant de l’avant. C’était donc, le secours aux personnes qui révélait l’intérêt pour les sapeurs-pompiers de compter à leur côté dans les VSAB, un collègue INFIRMIER ;
Pourtant même si dans cette lente période de germination, ce sapeur-pompier : hommes (ou femmes) du feu et homme soignant, semblait convenir aux besoins de la sécurité civile, il est très vite apparu, que son statut serait à moyen terme incompatible avec le fonctionnement d’une institution moderne.
Et c’est à cette période, que la FNSPF, qui fort de son œuvre construite depuis plus d’un siècle déjà, pour la défense des droits et intérêts des sapeurs-pompiers et l’amélioration du service public dont ils ont la charge. Sous l’impulsion décisive du président Bernard JANVIER  et en parfait accord avec un autre grand président, celui du SNSPP, Gérard GILLIOCQ, décida de faire du dossier du SSSM et des personnels qui le composeront un enjeu pour les sapeurs-pompiers.
Ce qui fut fait, la suite, vous la connaissez,
Les quatre mousquetaires : C. GONZALEZ, C LEMBEYE, D MUNSCH, votre serviteur, avec tous les médecins pharmaciens vétérinaires (et j’ai une pensée pour  le vétérinaire Grandidier qui est malheureusement DCD en chemin) et les infirmiers qui, à tour de rôle, ont participé avec nous, à toutes les réunions. À la DDSC, à NAINVILLE, CHAPTAL, MATIGNON, BEAUVAU, CSFPT, aux groupes de travail, Congrès et séminaires …
Et il faut rendre hommage aux  infirmiers pionniers, réunis à NANTES, au 1er colloque des ISP, en février 1992 : réunis grâce au soutien décisif du président de la commission Santé de la FNSPF de l’époque, Claude GONZALEZ.
 - Il s’agissait de : COLIN du SDIS, QUITTANCON du SDIS 40, PETIT Agnès du SDIS 30, MARBEX du SDIS 77, SCHOLLER du SDIS 67, CECCONI du SDIS 06, LELIEVRE du SDIS 44, BOURGOIS du SDIS 62, PUGNAIRE du SDIS 83,Vincent DUBROUS du SDIS 77,Jean-Pierre LEBASTARD du SDIS 78,et tous les autres …
Tous ont œuvré pour faire sortir :
La loi SDIS du 2 mai 96, le SSSM y figurait dans son article 1, tous ont œuvré également pour la promulgation du décret 97-1225 sur l’organisation du SDIS, qui lançait les bases du SSSM, pour la première fois les ISP grâce à ce décret, les infirmiers de sapeurs-pompiers existent.
La loi sur le volontariat, les ISPV existent, Le 16 octobre 2000 les ISPP ont une existence juridique. Le 20 décembre 2004, la première promotion des ISPP quitte les bancs de l’ENSOSP. Et enfin, 25 ans plus tard, le24 mai 2004, le Conseil supérieur de la FPT donne son avis favorable à la création d’un cadre d’emploi de catégorie A pour les infirmiers d’encadrement (appellation que je continue à contester pour celle de cadre de santé sapeur-pompier),  et tous les textes réglementaires relatifs à la formation des personnels du SSSM ainsi que ceux qui sont pour la santé au travail.
À cela est venu s’ajouter la note technique de la DDSC en septembre 2007, au Congrès de la fédé à Martigues, sur les protocoles de soins d’urgences pour les ISP en l’absence du MSP. Cette note donnait l’impulsion pour la  vulgarisation d’un soin  infirmier urgent, d’un niveau de qualité incompressible, en tout point des territoires. Grâce au maillage des CIS des sapeurs-pompiers, (merci au méd. général JULIEN.).
Rien n’aurait été possible, sans la lucide, vision du devenir du secours aux personnes, du Président de la FNSPF le colonel Bernard JANVIER, de son conseiller et négociateur, le médecin colonel Claude GONZALEZ et du Président du SNSPP, Gérard GILLIOCQ.
Rien n’aurait vu le jour, sans la franche détermination à voir aboutir la construction des SSSM   des SDIS du troisième millénaire, mais également le farouche engagement  à voir émerger de nouveaux modes de réponses opérationnelles face aux situations de secours et de soins aux personnes. Du président actuel de la FNSPF, le colonel Richard VIGNON.
L’union sacrée, scellée dans les années 90, entre la FEDE et le SNSPP, par nos présidents visionnaires, fut pérenne dans le temps, les présidents  du SNSPP Daniel DREMIERE et Patrice BENARD furent également les acteurs clé de cette évolution...
 
Ce fut donc une œuvre COLLECTIVE,
Collective au niveau national, mais également collective ici dans le Pas-de-Calais.
En effet, notre département à fait le choix de la modernité, à l’avant-garde, dans le domaine du SSSM et ceci depuis 1996, la mise en œuvre avant l’heure du concept de soutien sanitaire, 1er VSS de France et le 1er plan HYGIENE  pour les SP et pour les victimes  ceci, avec l’appui  directeur de l’époque le colonel Gilles ARMADAN,
Le 1 er VSP de France en 1997, grâce à l’intérêt porté pour la santé au travail des personnels du SDIS 62 par le  président KRAJESWKI et le, Colonel A ANSELIN. (Avec le soutien de Monsieur Santé au travail, Christian LEMBEYE à l’époque médecin-chef du SDIS des LANDES,).
La mise en place dès 1998…. De la réponse graduée avec un échelon paramédical en garde pour un départ immédiat. . . Merci au   président FRANCOIS, au colonel LOY et au commandant BRISSET. Organisation qui fut développée et intégrée dans le SDACR, par le conseil d’Administration du SDIS62, le Président DUPILET-Président du Conseil Général du Pas-de-Calais et vous colonel MOREAU. Ce qui la rend pérenne.
Ceci avec la bienveillante participation des médecins-chefs qui se sont succédés.
Cette marche en avant servit de modèle à de nombreux SDIS, mais également à la DDSC qui est venue voir, en la personne de Monsieur DALAVERNE Directeur de la DDSC, et Monsieur CADIOT sous-directeur, comment fonctionnait la réponse graduée chez les sapeurs-pompiers du 62, avec un échelon de para médicalisation avancé. Mais également en installant au CODIS 62 un infirmier coordinateur  du SSSM et un infirmier superviseur de garde opérationnelle pour le département,
Et à cette occasion, ils confortèrent leur opinion sur l’intérêt de la création d’un corps de cadre de santé sapeurs-pompiers.
Là aussi, l’œuvre fut collective grâce à l’engagement des chefs de CIS du SDIS62 dépositaire d’un VLSSSM.
Mais également à des militants pour un service public de qualité, le capitaine Pierre MAZURE, et Président de l’œuvre des pupilles et orphelins des sapeurs-pompiers, chef du CIS de LIEVIN, qui a accompagné toutes nos actions en matière de para médicalisation. Aux officiers gestionnaires du CODIS62, Et, bien entendu, des ISP 62, animés en la matière par mes vieux complices M RUS, J BOURGOIS, J FOULON, G COUSIN.
Cette marche en avant a toujours été accompagnée par les présidents  du SDIS.
En ce qui me concerne, je pus concourir à cette œuvre  sur le long terme, grâce au soutien de mon épouse  dans les moments difficiles, et je lui en sais gré devant cette assemblée, merci ROSELINE.


Monsieur le Président, de la FNSP de France,


J’ai reçu de nombreux appels téléphoniques, ainsi qu’une foison de message de félicitations sur ma messagerie électronique. Dès lors que je venais d’être nommé par un décret du 16 mai 2008, Chevalier dans l’Ordre National du Mérite.
À l’occasion de ces échanges amicaux et chaleureux, Monsieur Bruno Gibert, Animateur du groupe catégoriel infirmiers de la FNSPF, m’a indiqué que vous étiez à l’origine de la proposition qui me plaçait sur la liste des élus potentiels  pour une telle décoration. Votre volonté s’est vue récompensée par ma nomination  au grade de chevalier dans l’ordre national du mérite, paru au Journal Officiel du 17mai 2008.
À cet effet, permettez-moi Monsieur le Président de vous adresser mes remerciements et toute ma gratitude, eus égard à votre initiative. Vous me voyez personnellement très honoré, ainsi que ma famille, mais au-delà de ma personne, vous avez honoré l’ensemble des infirmiers de sapeurs-pompiers de France, ils me l’ont dit.
Cette nomination revêt pour moi une importance toute particulière. En effet, au moment même où, suite à votre impulsion, la FNSP de France œuvrait au sein de la commission quadripartite, pour la coordination des urgences médicales et du secours aux personnes. Et également, pour la juste reconnaissance du rôle des ISP, cette nomination a été ressentie par ce groupe comme un encouragement à servir les sapeurs-pompiers.
En visionnaire, avec courage, car il fallait en posséder pour appréhender ce dossier, vous avez provoqué le débat. Vous avez convaincu, la plus haute autorité de l’Etat, de placer au niveau de l’intérêt national la nécessaire reconnaissance de la compétence des sapeurs-pompiers en la matière. Ceci pour le bien de la « maison »sapeurs-pompiers, mais également pour le bénéfice des victimes à secourir, que vous replacez, à cette occasion au centre du débat.
1981  ,27 années s’écoulent  juillet 2008, on parle des infirmiers  au Conseil des MINISTRES, et le SECOURS AUX PERSONNES est bien le métier des  SAPEURS_ POMPIERS.
 LA SEMENCE est devenue champs de blé.
 La relève est assurée, Bruno GIBERT, Agnès PETIT, Yaël LECRAS, portent désormais l’étendard des infirmiers de sapeurs-pompiers  au niveau des organisations représentatives nationales. Et pour l’ENSOSP, Vincent DUBROUS,  COLIN, PONDAVEN, PETIT ;.
Un nouvel acteur est entrain de poindre dans l’imaginaire des SDIS, le technicien du secours aux personnes, le cousin des  Emergency Médical Technician, (EMT anglo-saxon), - ce Technicien  du SAP, pourra être formé au savoir-faire des soignants  par les ISP.
L’infirmier de sapeurs-pompiers est un promoteur et un éducateur pour la santé au travail.
L’infirmier de sapeurs-pompiers est le soignant de l’avant, catalyseur de la réponse graduée en matière de secours aux personnes, comme son cousin le « paramédic » , (ils existent partout dans le monde).
L’infirmier d’encadrement est le collaborateur du médecin-chef au sein de la chefferie du SSSM, à lui reviendra la fonction légitime  d’encadrant du service infirmier des sapeurs-pompiers des SSSM.
La résultante de ces indicateurs, situe en bonne place, l’ISP, pour exister dans le futur dispositif des SDIS du troisième millénaire.

Enfin, je voulais vous dire que,  
 C’est un soignant de l’avant, un inconnu, qui nous rassemble ce soir.
Ce soignant de l’avant,    un soignant des tranchées, brancardier ou infirmier de l’armée Allemande, qui releva  et soigna un jeune capitaine laissé pour mort devant le village de Douaumont, le 2 mars 1916.
 Le sort venait d’épargner, ce capitaine du 33e RI   à sa troisième blessure  en le retirant des combats par capture, alors que plus de 80% des officiers seront  tués dans l’infanterie lors de la Grande guerre.

CE CAPITAINE, QUI » AVAIT UNE CERTAINE IDEE DE LA FRANCE », et qui se nomme mais vous l’aviez deviné « CHARLE S DE GAULLE » devait fonder le  3 DECEMBRE 1963, L’ORDRE NATIONAL DU MERITE.
 Ordre pour qui, Monsieur Tadeusz BARTKOWIAK Président Départemental de l’Association Nationale des Membres de l’Ordre Nationale du Mérite, je m’efforcerai désormais  de concourir à son prestige.

 
MESDAMES ET MESSIEURS JE VOUS REMERCIE.                              


CONCLUSION PROVISOIRE  ET PERSPECTIVES


L’émergence puis la construction des SSSM ne s’est pas faite sans difficulté, trop lentement pour ses pionniers bâtisseurs, mais fort prestement à l’échelle des organisations administratives. Les infirmiers, en particulier, ont cheminé sur un parcours chaotique, lié à leur propre singularité ou au milieu sécurité civile qui ne les attendait pas toujours. Il s’agissait d’avantage de savoir-être et de conditions d’exercice à mettre en œuvre habilement dans un univers nouveau qu’il fallait apprendre à comprendre.

Ces 5329 infirmiers de sapeurs-pompiers volontaires confortés par 235 professionnels et encadrés par 62 infirmiers d’encadrement constituent la force soignante des SSSM des SDIS de France.
L’ auteur est convaincu qu’il s’agit d’un véritable atout pour les SDIS, principalement dans deux domaines : celui à investir avec modernité de la santé au travail ,initié par des médecins pionniers en la matière, Claude Gonzalez et Christian Lembeye, et celui du secours à personnes ,en équipes pluridisciplinaires, activité opérationnelle majoritaire des sapeurs-pompiers ,à connotation de plus en plus médicosociale de par les évolutions et contraintes - sociétales et budgétaires.

Rechercher les besoins, construire un savoir, inventer les modes de réponse et l’organisation pour des soins de qualité, dans un univers géopolitique dont les repères de demain ne seront pas ceux d’aujourd’hui. Pour que le résultat attendu soit à la hauteur des enjeux et besoins, il appartiendra aux infirmiers de faire vivre ces concepts en ayant mesuré la marge de manœuvre accordée pas seulement par l’institution ; mais aussi par les instances de tutelle, triple pour eux : l’intérieur bien sûr, mais sans oublier la santé et maintenant l’enseignement supérieur pour partie des formations (dispositif LMD).
 
Le  secours sanitaire à personnes de notre cher hexagone ne pourra pas échapper à une forme de normalisation européenne voir mondialisée en matière  qualitative et quantitative des acteurs, concourant à cette activité. L’équipage sera réduit à deux effecteurs, qui ne seront plus des secouristes mais des professionnels des soins d’urgences, pour une composition qualitative comprise entre le Technicien des secours d’urgences, et l’infirmier-paramédic, au regard de ce qui se fait déjà dans les pays de l’Europe du Nord, ils sont 1400 aux Pays-Bas.
Les  gestionnaires du devenir des sapeurs-pompiers, auront à prendre leurs responsabilités, et leur courage à deux mains. Il leur faudra  se poser la question de savoir si on applique la règle du statuquo ,et prendre le risque de se voir «déposséder »  par des entreprises de transports sanitaires privés, déjà implantés en France et en Europe et qui pratiquent la para médicalisation en coordination avec les structures hospitalières.  Ou œuvrer pour la création d’une filière du SSSM, permettant de dédier des sapeurs-pompiers aux missions du SSSM et du secours aux personnes. Pour une option d’entrée dans le corps, « incendie » ou « SSSM », un recrutement d’Infirmiers en externe mais également en interne suivant la filière : secouriste-technicien des soins d’urgences – infirmier - cadre de santé…, mouvement pour une évolution de carrière compatible avec des dispositions de promotion professionnelle pour un recrutement en interne. Les différents grades étant mis en parité, avec la filière «  incendie »pour rendre attractive cette  filière « SSSM » qui représente 70 % des missions.

Il faudra bien entendu faire preuve de  lucidité et confier en exclusivité l’encadrement des personnels dédiés à cette deuxième filière  aux professionnels de santé (Médecin-Chef, Cadre Supérieur de Santé Sapeur-Pompier)  à l’identique des autres corps comparables en France ou en Europe, sous l’autorité suprême du DDSIS bien entendu.

« Quand le coup de tonnerre éclate, il est trop tard pour se boucher les oreille », le penseur chinois : Sin Zu.
 
Avec le temps, se forgera sans nul doute une nouvelle culture soignante spécifique à la sécurité civile, sans toutefois renier l’orthodoxie de celle d’origine.
Toutefois, l’auteur  estime qu’une plus grande équité de prise en charge pré hospitalière des urgences soit indispensable. L’organisation territoriale actuelle, offrant quelques variantes de prestations, parfois non des moindres, certains concitoyens ne bénéficient pas encore de la réponse adaptée.
 
Un nouveau pas vers le sens commun, l’unicité et la mutualisation par- de - là  les actuels services contributifs au système d’aide médicale urgente, accompagné d’une pragmatique standardisation, sans pour autant en faire un carcan, nous semble d’une actualité politique opportune et de raison.  

ÉPILOGUE  PROVISOIRE :
 
Ainsi s’achève une partie de l’histoire des ISP, la suite, vous l’écrirez, avec vos nouveaux « leaders »  qui auront l’honneur de défendre, au sein de la FNSPF, du SNSPP, de FO, de la CFDT, de la CGT, des autonomes,  l’ANISP, l’Ordre National des Infirmiers et les autres organisations professionnelles représentatives, pour la promotion des couleurs des infirmiers et des sapeurs-pompiers.  


LA SUITE VOUS APPARTIENT