Définitions et justifications du SSO

Définitions et justification du Soutien Sanitaire Opérationnel (SSO) 

Il n'existe pas de définition officielle comme référence pour définir le Soutien Sanitaire Opérationnel.

L'article R 1424-24 détaille les missions exercées par le SSSM et évoque « le soutien sanitaire des interventions d'incendie et de secours et les soins d'urgence aux sapeurs-pompiers »

Si l'on prend une définition mot à mot selon le Laboratoire d'Analyse et de Traitement Informatique de la Langue Française de l'Académie Française : 

C Définition du « Soutien » :

- Action de maintenir quelque chose ou quelqu'un en place ou debout en l'empêchant de tomber
- Action d'aider à la réalisation de quelque chose ou d'aider quelqu'un en vue de lui permettre de réussir à mener à bien quelque chose
- Qui apporte une aide ou fait partie des infrastructures nécessaires aux forces engagées dans l'action. Définition de « Sanitaire » :- Qui concerne l'infrastructure mise en place pour le secours aux blessés (poste de secours sanitaire)
- Relatif à la santé, à l'hygiène

C Définition de « Opérationnel » :

Qui est propre à la réalisation d'une opération 

Définition de la DDSC : 

Le Préfet DE LAVERNEE, Directeur de la Défense et de la Sécurité Civiles en 2004 a défini le SSO comme « la présence des moyens du service de santé et de secours médical (SSSM) lors des interventions des sapeurs-pompiers qui, par leur nature, par les risques et les dangers, par le volume des personnels engagés, doivent bénéficier de la présence sur le terrain d'une équipe du SSSM, susceptible de prendre en charge, de prévenir ou de traiter des incidents, ou accidents, dont seraient victimes les personnels engagés.» 

C  Objectifs du Soutien Sanitaire Opérationnel
1/ Maintien en opération des effectifs par la promotion de leur santé et de leur aptitude au travail 
2/ Amélioration des conditions de travail pour assurer la sécurité et la santé en opération 
3/ Adoption d'un système d'organisation du travail (relèves, respect des EPI, hydratation, alimentation)) et d'une culture de la sécurité afin de promouvoir un climat social positif et le bon fonctionnement opérationnel 
4/ Diminution de la morbidité et de la gravité des accidents survenant en intervention par un secours d'urgence de proximité et rapidement entrepris
 

Le SSO, c'est :
      Un enjeu humain et social par la responsabilité morale de l'autorité territoriale vis-à-vis de la santé et de la sécurité de l'agent
      Un enjeu économique par la réduction du coût lié aux accidents et de la gravité de ces derniers grâce à  une prise en charge rapide par un professionnel de santé.
      Un enjeu managérial par la motivation, la reconnaissance et la responsabilisation des agents sur leur sécurité et celle de leurs équipiers. 

C Justifications d'un Soutien Sanitaire Opérationnel 
 En reprenant la définition du Préfet DE LAVERNEE, on peut justifier le SSO par les aspects suivants :
« lors des interventions des sapeurs-pompiers qui, par leur nature, par les risques et les dangers, par le volume des personnels engagés, doivent bénéficier de la présence sur le terrain d'une équipe du SSSM, susceptible de prendre en charge, de prévenir ou de traiter des incidents, ou accidents, dont seraient victimes les personnels engagés.»

 

1) Les risques et les dangers 

1)      Les risques et dangers présents sur les interventions notamment lors de l'extinction des incendie sont les suivants : 

1/ Risques physiques :

Charge cardiovasculaire par effort physique intense, port de charges, port des équipements de protection individuelle (12kg pour un ARI), stress

Hypoglycémie et troubles de l'alimentation

Troubles de l'hydratation

Coup de chaleur et hyperthermie maligne d'effort 

2/ Risques sensoriels :

Nuisances sonores : bruits des véhicules (pompes, deux tons...), de l'incendie, des explosions, barotraumatismes

Nuisances olfactives : odeurs

Nuisances visuelles ; travail en milieu enfumé, limitation du champ visuel du au port de l'ARI, projection lumineuse, irritation ophtalmique par les fumées... 

3/ Risques  Bio-mécaniques :

Contrainte thermique ; température environnante, tenue textile et EPI

Station debout prolongée

Contraintes posturales

Manutention de charges lourdes ou encombrantes (échelles, dévidoirs...)

Explosion avec effets de Blast

Chute d'objet

Accident de circulation de trajet et suraccident sur les lieux

Chute de hauteur

Brûlures thermiques ou électriques  

4/ Risques Cancérigènes ou toxiques :

Fumées d'incendie (monoxyde de carbone, cyanure, dioxyde d'azote, dioxyde de souffre, chlorure d'hydrogène, hydrocarbures...) et gaz d'échappement (Conducteur FPT et échelie

En fonction de l'intervention (matières dangereuses, radioactivité..

Brûlures chimiques 

5/ Risques Biologiques :

Tétanos

Accident d'exposition au sang des victimes ou de collègues 

6/ Charge mentale :

Vigilance accrue

Contraintes psychologiques (victime décédée...)

Stress

Prise de décision rapide, maîtrise de soi

Esprit de sécurité

Sens spatial

Claustrophobie due au port de l'ARI

Conduite addictive et répercussion socio-famililale 

7/ Autres risques et contraintes :

Travail de nuit, horaires irréguliers, amplitude des horaires attente initiale.

Charge de travail variable

Condition et aptitude physiques variables

Cumul possible avec une autre activité ou profession pour les sapeurs-pompiers volontaires 

2)       Le volume de personnels engagés 

Par définition, les interventions sollicitant un nombre important de personnels sont synonymes de « grosses interventions ». En clair, il s'agit d'intervention à risques, de longue durée et peu fréquente.

Le volume des secours engagés doit être l'un des critères de déclenchement du SSSO en opération. 

3)       Rôle préventif du SSSM

 

Le Soutien Sanitaire ne doit pas être réduit aux seuls soins d'urgence aux SP comme c'est souvent le cas.
La mission confiée par le législateur parle bien dans l'article R1424-24 du CGCT de  « soutien sanitaire des interventions d'incendie et de secours et les soins d'urgence aux sapeurs-pompiers ». Les deux aspects sont bien distincts.

L'équipe du SSSM sur place doit être capable de prévenir les incidents ou les accidents. Cela passe par un positionnement aux côtés du COS. A ses côtés et en l'absence d'un officier sécurité, le rôle du SSSM est de vérifier, en fonction du niveau de ses connaissances, le port et l'utilisation des EPI adaptés notamment des ARI, l'utilisation par exemple du lot de sauvetage et de protection contre les chutes lors du travail en hauteur...pour la prévention des accidents exogènes

Le deuxième versant préventif est de constituer la surveillance continue de la condition physique et de la condition médicale des agents, par la vérification d'un apport énergétique et hydrique adapté, l'absence d'intoxication oxycarbonée...pour la prévention des accidents endogènes 

4)       Traitement des incidents ou accidents 

Le SSSM doit assurer le secours d'urgence aux sapeurs-pompiers. La présence immédiate d'un infirmier ou d'un binôme médecin-infirmier est un facteur de diminution de morbidité ou de diminution de la gravité des lésions en cas d'accident par une prise en charge précoce et adaptée.

En l'absence du SSSM sur des interventions de faible importance ou en attendant son arrivée, les sapeurs-pompiers doivent néanmoins avoir accès à du matériel de premiers secours pour dispenser des soins à leur collègue (oxysacs dans les FPT...).

Afin d'assurer une cohérence dans la politique de santé au travail et un suivi médical serré, les liaisons avec le CHS (enquête et prévention future) et le médecin chargé de l'aptitude doivent être mises en place 

 

Synthèse réalisée par Cédric HAVARD - Infirmier de Chefferie SDIS 03 - IESPP